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Réglementation10 min8 mars 2025

Droits des patients en transport sanitaire : guide juridique

Les patients en transport sanitaire ont droit au libre choix du transporteur, au tiers payant, à la confidentialité médicale, à la qualité de service et à la possibilité de recours en cas de manquement du transporteur.

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Le droit au libre choix du transporteur

Le patient a le droit de choisir librement son transporteur conventionné. Aucun établissement de santé, aucun médecin, aucune CPAM ne peut imposer un transporteur particulier. Ce principe de libre choix est garanti par l'article L.162-4-1 du Code de la Sécurité sociale.

En pratique, les établissements de santé disposent souvent de listes de transporteurs conventionnés qu'ils recommandent. Ces recommandations ne sont pas contraignantes : le patient peut faire appel à tout transporteur conventionné de son département, voire d'un département voisin.

Le libre choix implique également le droit de changer de transporteur à tout moment, même en cours de traitement itératif. Si le service d'un transporteur ne vous satisfait pas, vous êtes libre d'en choisir un autre sans justification.

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Le droit à la qualité de service

Le transporteur conventionné est tenu à une obligation de qualité de service définie par la convention CPAM. Cette obligation couvre la ponctualité (arrivée à l'heure convenue, marge de 15 minutes maximum), le confort du véhicule (propreté, température, suspension), et le comportement du chauffeur (courtoisie, aide au patient, discrétion).

Le chauffeur doit aider le patient à monter et descendre du véhicule, porter ses effets personnels si nécessaire, et l'accompagner jusqu'à l'accueil de l'établissement de santé. Pour les patients en fauteuil roulant, le chauffeur assure la manipulation et l'arrimage du fauteuil.

La conduite doit être adaptée à l'état du patient : vitesse modérée, accélérations et freinages doux, évitement des routes dégradées. Le chauffeur doit s'adapter aux éventuelles consignes médicales (position assise inclinée, arrêts fréquents, etc.).

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Le droit à la confidentialité

Le transporteur est soumis au secret professionnel concernant l'état de santé du patient, sa destination et la nature de ses soins. Il ne peut divulguer aucune information médicale à des tiers, même à des membres de la famille du patient sans son accord.

Les documents de transport (bon de transport, facture) contiennent des données personnelles de santé et sont soumis au RGPD. Le transporteur doit les conserver de manière sécurisée et les détruire après le délai légal de conservation (3 ans).

En cas de transport partagé, la confidentialité doit être particulièrement respectée. Les patients partageant le véhicule ne doivent pas avoir accès aux informations médicales des autres patients. Le chauffeur ne doit pas évoquer l'état de santé d'un patient devant les autres.

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Les voies de recours du patient

En cas de manquement du transporteur (retard excessif, comportement inapproprié, surfacturation), le patient peut adresser une réclamation à la CPAM qui a conventionné le transporteur. La CPAM peut adresser un avertissement au transporteur, voire résilier sa convention en cas de manquements graves.

Le patient peut également saisir le médiateur de l'Assurance Maladie pour tenter une résolution amiable du litige. Le médiateur est un interlocuteur neutre qui peut faciliter le dialogue entre le patient et la CPAM.

Pour les litiges graves (accident, préjudice corporel, atteinte à la dignité), le patient peut saisir le tribunal judiciaire pour obtenir réparation. L'assurance professionnelle du transporteur couvre les dommages causés au patient pendant le transport.

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